Le vélo, star du déconfinement 07/07/2020

Le vélo fait partie des gagnants de la période sanitaire que nous avons traversée et que nous subissons toujours au quotidien. Si le contexte a permis son essor, il faut dire que la France partait d’assez bas, en comparaison de ses voisins européens.

En 2019, à Strasbourg, 16 % des actifs allaient à leur bureau à vélo. C’est quatre fois plus qu’à Paris mais beaucoup moins qu’à Copenhague. Selon un document du ministère de la Transition écologique et solidaire paru en juillet 2018, la part du vélo dans les déplacements des Français a chuté de 10 % en 1970 à 2,7 % aujourd'hui. D’ailleurs, un des objectifs du « plan vélo » présenté par Elisabeth BORNE, à l’époque Ministre chargée des transports, en septembre 2018, était de repasser à 9 % d'ici 2024. Parmi les mesures incitatives, un « forfait mobilité durable » qui viendrait remplacer l'indemnité kilométrique pour ceux qui se rendent au travail à vélo.

À l’échelle du territoire français, les disparités dans l’utilisation du vélo sont également très importantes. Selon le dernier recensement de l'Insee (2015), la part des actifs à bicyclette est très variable selon le département : plus de 6 % dans le Bas-Rhin mais seulement 1,2 % dans les Bouches-du-Rhône.

Comme nous le disions plus haut, la période de confinement a permis le développement du vélo « à marche forcée ». Là aussi, de grandes différences ont été observées dans les tendances de ces derniers mois. Néanmoins, le vélo n’a pas été qu’un mode « urbain ».

La comparaison entre les mois de mars et mai 2020 indique une augmentation de 44% de fréquentation dans l'ensemble du pays. Lorsqu'on compare non plus seulement l'avant et l'après confinement, mais les mois de mai 2020 et mai 2019, la hausse ne s'élève qu'à 11%. De plus, l'augmentation de l'utilisation du vélo est principalement portée par les pistes cyclables rurales (+197%) et périurbaines (+138%). Dans les villes, le nombre de passages à vélo est en progression de 27%, loin des 44% à l'échelle nationale.

Nous ne pouvons que saluer cette tendance au service de l’impact environnemental, social et économique. Le Baromètre des mobilités du quotidien indiquait début 2020 qu’un Français sur deux pouvait faire tout ou partie de son trajet domicile-travail mais que le frein principal résidait dans le manque d’infrastructures aménagées et sécurisées. Les aménagements du type « coronapistes » doivent être pérennisés et amplifiés. L’accompagnement vers le vélo (dispositifs d’achat, d’entretien, vélo-écoles) doivent être soutenus afin de faire de la France le pays du vélo !